Archéologie

La salle du conseil municipal était pleine ce mercredi 22 janvier 2020 pour entendre M. Stéphane Guillon, maire de Bouillé-Courdault, et M. Jérôme Pascal, responsable d’opération à l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) présenter les résultats du diagnostic archéologique mené sur le terrain du Prieuré et, plus généralement, le riche patrimoine archéologique de l’ensemble de la commune.

Pour M. Pascal, la densité de l’occupation humaine du secteur depuis la période Néolithique est notamment due aux richesses naturelles d’un terroir associant les terres fertiles de la Plaine aux ressources issues des zones humides du Marais, phénomène également attesté sur les communes voisines de Maillé, de Chaix, du Langon ou de Nalliers. Par ailleurs le substrat calcaire de la plaine et son exploitation actuelle en open field favorisent la détection des sites archéologiques par photographie aérienne. Les clichés présentés ont été réalisés lors de la sécheresse de 1976 mais les images satellitaires plus récentes (sites en ligne Géoportail ou Google Earth) montrent tout autant d’indices.

À la période gallo-romaine, l’opulence du secteur et de ses habitants est mise en évidence par le riche mobilier découvert au début du XXe siècle sur le site de la nécropole du Champ de la Treille. Cet ensemble exceptionnel, notamment par ses verreries à décor polychrome provenant des ateliers de la région de Cologne (Köln, Allemagne, colonie romaine fondée par l’empereur Claude d’où son nom de Colonia Claudia Ara Agrippinensium), fait aujourd’hui la fierté et la renommée du Musée Vendéen de Fontenay-le-Comte où il est conservé.

C’est également à la période gallo-romaine que doivent être rattachés les vestiges récemment mis au jour sur le terrain du Prieuré lors du diagnostic prescrit par le Service régional de l’archéologie de la Direction régionale des affaires culturelles des Pays de La Loire. Selon M. Pascal, qui a dirigé l’opération pour l’Inrap, le bâtiment exhumé, dont subsistent les sols en mortier rose et la base des murs en moellons calcaires, pourrait correspondre à des bains éventuellement intégrés dans une villa contemporaine de la nécropole du Champ de La Treille. Quoi qu’il en soit, l’emprise des vestiges est nettement supérieure à celle de la parcelle sondée et le site se poursuit très vraisemblablement dans les terrains avoisinants, notamment sous l’église, le cimetière et la mairie. Il est même probable que les vestiges des bâtiments gallo-romains aient été réutilisés pour la construction de la première église au début du Moyen Âge, ce que semble d’ailleurs attester la présence de sépultures chrétiennes installées à travers les niveaux gallo-romains.

À la suite de l’intervention de M. Pascal, les nombreux assistants ont notamment interrogé M. le maire sur les suites du projet de construction de la salle municipale sur le terrain du Prieuré et, plus généralement, sur les contraintes induites par la présence de vestiges archéologiques sur les projets de travaux. Les détails de la réglementation sur l’archéologie préventive telle que définie par la loi du 17 janvier 2001 révisée le 1er août 2003 doivent être recherchés auprès des services de Direction régionale des affaires culturelles (Service régional de l’archéologie) de Nantes, éventuellement par l’intermédiaire de la mairie ou des organismes en charge de l’instruction des permis de construire. Dans le cas précis du projet du Prieuré, suite au diagnostic mené par l’Inrap et à l’avis de la Commission territoriale de la recherche archéologique, les services de l’état ont émis une prescription de fouille sur la parcelle concernée, l’ampleur et la nature des travaux de construction projetés conditionnant toutefois le détail et les modalités de l’exécution effective des fouilles.